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Corvée de séances

La question

Dans mon département nous perdons beaucoup de temps en séances et groupes de travail aussi longs qu’inutiles. Mais il est toujours difficile de se soustraire à ces corvées. Comment faire?

 

La réponse du psy

Problème épineux: d’un côté vous avez des dossiers qui s’empilent sur votre bureau, des téléphones urgents à donner et une foule de questions en suspens à traiter, bien évidemment en priorité. De l’autre, votre agenda ne cesse de se remplir de ces séances que d’autres jugent éminemment indispensables mais qui ont le chic de repousser votre travail effectif au-delà des heures de bureau et, surtout, vous plongent régulièrement dans un état semi-comateux dont vous ressortez les yeux lourds et la bouche pâteuse... Mais comme vous ne voulez pas passer pour un individualiste qui n’aime pas partager son temps précieux avec les autres vous ne pouvez pas systématiquement jouer les absents pour cause de surcharge de travail: et vos collègues, alors, ils se tournent les pouces? Voici donc quelques trucs qui pourront vous tirer d’affaire, à condition bien sûr de ne pas en abuser... Classique, pour commencer, le coup de l’urgence absolue. Votre secrétaire vient dans la salle de réunion vous glisser un papier griffonné à la hâte, si possible avant que vous ne soyez plongé dans le coma précité. Vous prenez un air préoccupé, stressé, sombre, la situation est sérieuse. Et vous priez l’assistance de vous excuser. Le tour est joué. Manipulateur, ensuite, le roi des horaires incompatibles: au moment de fixer les dates d’un groupe de travail, vous n’êtes pas disponible avant trois ou quatre mois au moins, si ce n’est à 7 heures du matin ou largement après 16 heures, le vendredi bien entendu. Imparable comme technique. Conciliant, pour continuer dans la même veine: manque de pot, votre agenda déborde déjà de séances, toutes plus importantes les unes que les autres et naturellement elles se chevauchent toutes. Vous ferez votre possible pour faire une “apparition” mais comme vous voulez faire plaisir à tout le monde, elle se réduira à quelques minutes de simple courtoisie... Et pour conclure, le must: vous minez le terrain de l’intérieur en proposant de créer des sous-groupes à l’intérieur du groupe, pour analyser en détail certains aspects qui vous paraissent impossibles à traiter en “plénum”. Cette démultiplication va certes augmenter en apparence les réunions mais on retombera très vite dans le cas de figure des indisponibilités de chacun: rien de tel pour gagner du temps... Et puis finalement, il y a toujours la solution simple mais efficace qui consiste à prendre son mal en patience: ça ne fait pas de bruit, ça ne blesse personne et vous pouvez l’appliquer de façon systématique!