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Connu ou reconnu?

La question

Mon ami souffre d’un besoin constant de se mettre en avant, d’être au centre de l’attention. Il rêve d’être connu et célèbre et a tendance à en faire une véritable fixation. Comment l’aider?

 

La réponse du psy

Le besoin d’être reconnu par ses pairs existe chez tout le monde. A cet effet, nous nous entourons de personnes qui nous apprécient et nous font sentir que nous avons notre place dans le groupe auquel nous appartenons. Cependant, comme pour toute chose, les “appétits” de chacun sont différents et, dans certains cas, on est confronté à des boulimiques d’affection qui, pour différentes raisons, n’auront jamais assez de témoignages qui leur prouvent qu’ils existent dans le coeur des autres. Engagés dans une course à la reconnaissance, ils en viennent à confondre la qualité avec la quantité et tombent dans le travers de croire qu’il suffit de multiplier les relations pour accroître la solidité des liens. C’est exactement comme si un vigneron plantait des milliers de ceps dans l’espoir d’avoir suffisamment de raisin et de vin pour remplir un tonneau... sans fond. L’origine de la sensation de manque affectif qui tourmente l’âme est très souvent à chercher dans l’enfance, marquée par un contact chancelant avec les parents, quelle qu’en soit la cause. L’être humain est comparable à un arbre: pour grandir et prospérer, il a nécessairement besoin de racines, solidement ancrées dans le sol. Que celui-ci soit trop marécageux ou trop sec ou que le temps n’ait pas favorisé une croissance optimale de la souche, le tronc deviendra instable et peinera à porter de lourds branchages. Or la vie y ajoutera du vent et des intempéries, ce qui rendra la tâche plus difficile encore. Le remède passe par un travail sur soi en profondeur, avec l’aide, si possible d’un spécialiste. Car la dérive ou le statu quo ne sont jamais exempts d’un danger de solitude: à trop vouloir s’entourer et se faire aimer, on risque de passer à côté du bon grain et se rassasier d’ivraie, au point de se faire, à la longue, une image fausse des interactions avec autrui. L’aigreur qui caractérise certaines personnes que l’on qualifie de misanthropes est presque toujours causée par ces attentes trop élevées qui se sont soldées par des échecs répétés et autant de frustrations mal vécues. L’arbre se tord, s’incline et tombe finalement sur le sol, convaincu que c’est la bise qui l’a ainsi abattu alors que ce sont ses racines qui n’ont pas tenu... Vous pouvez aider votre ami en le soutenant, même si son caractère, parfois, vous dérange et vous embarrasse. Essayez de lui faire découvrir que ce n’est pas le nombre de passagers qui aide le bateau à flotter mais la solidité et la bienfacture de sa quille: s’il pouvait comprendre les mécanismes qui le poussent à galoper après une popularité superficielle, il saurait alors qu’il vaut mieux être aimé par une seule personne, inconditionnellement, que par mille avec toutes sortes de conditions...