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Décalage temporaire

La question

Comme chaque année, je souffre du passage de l’heure d’hiver à l’heure d’été, surtout le matin où même avec des allumettes, je n’arrive pas à tenir les yeux ouverts ! Que faire pour rattraper ce décalage horaire ?

Le proverbe du sage Nô-Mi

Ce n’est pas en tapant du pied que tu contourneras l’obstacle qui te barre le chemin...

 

La réponse du psy

Notre métabolisme, et plus particulièrement notre horloge biologique, possèdent une très grande faculté d’adaptation aux contraintes externes. Cependant, même si notre corps finit par s’habituer à de nouvelles règles, il ne le fait pas instantanément et, chez certaines personnes particulièrement sensibles, il commence d’abord par protester haut et fort, ce qui se traduit par toutes sortes de maux, dont une sensation particulièrement désagréable de vivre en décalage par rapport à l’heure qu’affiche notre montre. Si ce phénomène n’est pas gênant en cours de journée, lorsque nous avons atteint notre vitesse de croisière, il se manifeste plus fortement au moment où nous nous levons, le matin, et le soir, avant de se coucher, c’est-à-dire précisément lorsque nous demandons à notre métabolisme un effort particulier pour passer d’un état à un autre et où, faute de s’être bien adapté, il nous gratifie d’une saute de mauvaise humeur : nous avons alors l’impression confuse d’être réveillés au beau milieu de la nuit ou de chercher vainement les bras de Morphée. A chacun, dès lors, de trouver une parade qui, quelle qu’elle soit, aura au moins deux points communs : le ménagement et la régularité. Moins on exerce de contraintes supplémentaires sur notre métabolisme (en évitant de ne pas respecter la quantité de sommeil dont nous avons besoin ou en se gardant de varier sensiblement l’heure à laquelle nous nous mettons au lit et programmons notre réveil), plus celui-ci aura de “marge” pour s’adapter rapidement. Le danger, c’est de tout précipiter et de tout mélanger : on va se coucher plus tard et on tente par tous les moyens de grappiller quelques minutes au chant du coq... Des études menées en Allemagne ont pu montrer que le décalage horaire (vécu par exemple lorsque nous changeons de fuseau-horaire, au cours d’un voyage en avion) peut perdurer chez les personnes qui n’adoptent pas immédiatement un rythme régulier de veille et de repos, alors qu’il est vite résorbé chez celles et ceux qui observent une discipline assez stricte. Par ailleurs, on a pu remarquer que le fait de se concentrer sur les effets dus à ce problème freinent et perturbent l’adaptation naturelle du corps à de nouvelles “données” temporelles. En d’autres termes, plus on y réfléchit, plus on accorde de l’importance au changement d’heure, plus notre horloge biologique tarde à retrouver une bonne “synchronisation”. Je vous conseille donc, outre la régularité de vos horaires, d’attendre de retrouver la forme, sans attacher trop d’importance à ce passage à l’heure d’été.