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Divorce luxueux?

La question

Je me suis marié il y a à peine une année et c’est déjà la catastrophe! Nous songeons à divorcer mais comme nous avons tout partagé, je perdrais la moitié de ce que je possède. En plus de ma situation de chômeur, ce serait le bouquet! Qu’en pensez-vous?

Le proverbe du sage Nô-Mi

Craindrais-tu tellement la pluie au point de couper ton plus bel arbre pour l’en préserver...?

 

La réponse du psy

A l’heure actuelle, 4 mariages environ sur 10 se terminent par un divorce et en milieu urbain cette statistique serait encore plus élevée. Aujourd’hui, ce n’est plus un grand problème, du moins sur le plan administratif: fini le temps où l’on vous collait l’étiquette indélébile de celui ou de celle qui a rompu son engagement, comme si les relations humaines n’avaient pas droit à l’erreur. Par ailleurs, l’espérance de vie s’est considérablement rallongée au cours de ces dernières décennies et de nombreux couples, au faîte de leur existence, réalisent qu’ils ont chacun envie de conaître de nouveaux émois amoureux, les rides n’étant plus synonymes de vieillesse... Mais ce qui paraît si simple et se résumerait à une petite signature devant des instances officielles, masque une réalité tout de même plus complexe qu’un banal coup d’éponge sur ce qui a été vécu... Je passe sur tout le chagrin et l’incompréhension des enfants qui voient papa et maman se disputer comme des chiffonniers puis se quitter sur une porte qui claque définitivement, sur la réorganisation complète de sa vie qui ne se conjugue plus au pluriel mais au singulier et toutes ces choses qui font toujours mal au coeur quelle que soit la situation qui a conduit à la rupture. Un divorce, c’est certes facile mais ça coûte cher. Inutile de chercher des rabais “famille” ou des actions “deux pour un” dans le supermarché du coin: pire qu’un déménagement, plus dévastateur qu’un incendie et encore moins avantageux qu’un krach boursier, il faut en avoir les moyens de se séparer, même à l’amiable! Racheter des meubles, louer deux appartements, régler les problèmes de pension, de caisse de retraite, de participation aux acquêts, sans compter les frais d’avocat, de notaire, la taxation intermédiaire du fisc avec suppression des avantages que les impôts réservent aux couples répondant au label “mariés”... Ce tableau, à peine plus pessimiste que la réalité fera sans doute frissonner plus d’un porte-monnaie mais quelques fois, c’est la seule issue de secours pour deux coeurs qui ne battent plus au même rythme. Dans ce contexte, honnêtement, je me poserais sérieusement la question si c’est vraiment le bon choix: bien sûr, nous sommes habitués à jeter les objets dès qu’ils ne nous donnent plus satisfaction, de la simple chaussure à la plus belle voiture mais ce qui est la norme pour les choses doit-elle être appliquée aux relations humaines? N’y a-t-il pas de chemin moins radical à explorer avant de tout casser, de tout rompre?