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Stress au volant

La question

L’automobiliste pris dans le feu du trafic routier l’aura remarqué sans avoir consulté des spécialistes de la branche : l’agressivité augmente, au détriment de la discipline, de la tolérance et des égards face aux autres usagers de la route.

Le proverbe du sage Nô-Mi

Quelques citations, tirés d’une brochure éditée par le TCS Suisse “Le stress dans le trafic routier” : “Ce ne sont pas les événements en soi qui génèrent le stress, mais bien plutôt la valeur que nous leur accordons” Dr Prof. V. Hobi, directeur de l’Institut de Psychologie de l’Université de Bâle “Le stress accroît le risque d’accident. De ce fait, la réduction du stress est aussi une contribution à la sécurité routière.” W. Leuthard, Président de l’Association centrale des moniteurs de conduite. “Les trois principaux générateurs de stress dans le trafic routier sont l’impatience, la peur et l’effet de surprise. Plus un conducteur adopte une attitude détendue, moins il souffrira de stress dans les embouteillages, colonnes et autres sources de contrariété”

 

La réponse du psy

Véritable révolution technologique, ce petit miracle auto-propulsé sur quatre roues que l’on a appelé “automobile” a modifié fondamentalement nos possibilités de déplacement, nous a ouvert de vastes horizons recouverts de bitume et nous pousse à la consommation sans modération de cet asphalte qui nous conduit partout en moins de temps qu’il ne faut pour l’écrire. Mais, parallèlement, la voiture et l’engouement qu’elle a suscité ont créé de nouvelles contraintes que nos arrière-grand-pères n’auraient pas même imaginées : problèmes de parcage, bouchons interminables, risques accrus d’accrochages toujours plus coûteux, entretien onéreux, etc... Un trafic de plus en plus dense et des horaires de plus en plus serrés irritent, rendent vulnérables, au point que de nombreux conducteurs déposent les plaques, préférant jouer la carte des transports publics, des taxis et de l’aide occasionnelle d’un voisin affable. L’être humain, à la base, est conçu pour se déplacer à une vitesse moyenne de 5 à 10 kilomètres par heure. L’ensemble des sens qui nous permettent de nous repérer sont “étalonnés”, naturellement, sur cette donnée physique, au même titre qu’une gazelle est “programmée” pour la vitesse et un escargot pour la lenteur. Lorsque l’on tourne la clef de contact et que l’on s’engage sur une route, nous devons, de ce fait, constamment maintenir notre vigilance afin d’adapter notre sytème perceptif aux grandes vitesses (50 km/h c’est déjà 10 fois la norme humaine !) de ce moyen de locomotion... On a pu montrer qu’en additionnant toutes les difficultés auxquelles le conducteur est confronté sur un simple parcours, ses limites d’enregistrement et de traitement de l’information sont largement dépassées, ce qui conduit, souvent, au surmenage, le stress du conducteur. On peut cependant remédier partiellement à ce trouble lié au trafic en faisant attention aux points suivants :
son état physique et psychique, l’état de son véhicule, sa tolérance vis-à-vis des autres usagers de la route, les conditions dans lesquelles on circule, l’heure à laquelle on prend le départ, la façon dont on prépare et dont on gère ses déplacements et la manière dont on va circuler. Reprenons, avec quelques exemples : le bon-sens nous recommande de prendre le volant “frais et dispos”. Ce n’est bien entendu pas toujours possible mais quelques exercices de détente (par la respiration, notamment) aident à se sentir en forme. Par ailleurs, on ne soulignera jamais assez que le choix du véhicule influence notablement notre disposition à conduire. Tout le monde ne peut évidemment pas disposer d’une “DS-Pallas” ou d’une “Rolls-Royce” mais il est utile de savoir que l’automobile est un peu comme un habit : certaines nous conviennent parce qu’elles sont “taillées” pour nous, d’autres nous énervent parce qu’elles ne correspondent pas à notre tempérament. Rouler avec une “poubelle” peut donner un genre sympathique mais n’aide en aucun cas lors de trafic dense, compliqué et ralenti ! Les autres usagers de la route ont les mêmes privilèges que nous. A quoi sert donc de s’exciter en multipliant les appels de phares et les coups de claxon si ce n’est de déranger autrui et de contribuer à l’augmentation du stress ambiant ?


La politesse est un état d’esprit avant d’être une série de règles. Respecter les autres, c’est se respecter soi-même puisque la courtoisie est bien souvent réciproque. Dans la mesure du possible, vous pouvez aussi aménager vos déplacements en fonction de différents paramètres : imaginons que vous vous déplaciez en montagne, en plein hiver... Vous allez tenir compte du temps (neige, pluie ou beau-temps), de l’heure (le soir il y a risque de verglas) et, bien entendu, de votre disponibilité (si vous n’avez pas d’horaire trop contraignant, pourquoi ne pas préférer le train ou les transports publics ?). La préparation de l’itinéraire joue un rôle prépondérant dans la gestion du stress en plein trafic : si l’on sait où l’on va, si l’on a soigneusement pu choisir son itinéraire (le plus court n’est pas forcément le plus confortable !) on s’accommodera mieux d’un ralentissement ici, ou d’une déviation là-bas. En voiture, évitez les sources de bruit inutiles ou nuisibles (qui a dit que vous deviez faire bénéficier tout le voisinage de la puissance de vos six haut-parleurs ?) ou les “parasites” qui peuvent vous encombrer et vous nuire en plein trafic (enfants qui hurlent, discussions animées, etc...). Enfin, n’oubliez pas qu’une route n’est pas un circuit sportif sur lequel vous disputez un rallye. Les autres usagers ne font pas la course avec vous et il n’y a pas de trophée à l’arrivée, si ce n’est la sensation d’avoir roulé sans fatigue excessive et sans risque exagéré d’accidents qui, a posteriori, sont toujours “bêtes et malvenus”... !