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Enfant battu?

La question

Je soupçonne que les parents d’un ami de mon fils, âgé de 7 ans, lui infligent de mauvais traitements et le négligent. Mais je ne sais pas quelle attitude adopter. Que me conseillez-vous ?

Le proverbe du sage Nô-Mi

Avant de détourner le cours de la rivière qui sépare tes terres, jette un pont entre les deux rives...

 

La réponse du psy

C’est effectivement une situation très délicate : d’abord, vous ne pouvez pas aller directement trouver les parents de cet enfant en leur faisant la morale. Ils vous claqueraient la porte au nez ! Ensuite, je doute que le petit copain de votre fils, à 7 ans, se lance dans des confidences et accuse ses parents. Enfin, votre propre enfant ne peut pas prendre sur lui de “témoigner” ce qu’il a pu voir s’il n’y a pas de plainte ou de raisons impératives de le faire. Mais vous n’êtes pas démunie pour autant ! Vous avez la possibilité de l’entourer d’un maximum d’affection et d’attention. Puisqu’il a de bons rapports avec votre famille, intégrez-le au maximum en favorisant toutes les occasions qui lui permettent de passer un agréable moment chez vous : il peut faire ses devoirs avec votre fils, venir manger régulièrement, à midi ou même le soir, et vous pourriez même proposer à sa maman de la décharger de temps à autre en le laissant même dormir dans votre maison. Ses parents sont peut-être débordés par leur travail, par leur situation personnelle, par les soucis qui les assaillent et ils seront soulagés de savoir que leur gosse est dans de bonnes mains, sans leur créer de corvée (par exemple de chercher et de payer une baby-sitter, de “placer” l’enfant chez les grands-parents, etc...). Peu à peu des liens privilégiés vont se tisser entre vous et cet enfant et, outre un réconfort naturel, il aura l’occasion de vivre des expériences valorisantes qui feront passer la pilule amère d’une enfance chargée de conflits et de tristesse. Par ailleurs, si la situation devait devenir intolérable, chez lui, il aurait alors sans doute suffisamment confiance en vous pour en parler, même à mots couverts. Face à ce que vous ressentez comme une injustice, vous n’êtes pas à même de jouer les “redresseurs de torts”, ce qui ne ferait qu’embraser une situation déjà explosive. Mais au lieu de jeter de l’huile sur le feu, vous pouvez “prévenir” en y versant patiemment quelques gouttes d’eau qui se transformeront immédiatement en vapeur sans avoir, apparemment, d’effet tangible mais contribueront à refroidir les braises et, qui sait, à étouffer les flammes. C’est en intervenant en douceur que vous garderez intactes les chances de donner à cet enfant qui connaît une vie difficile un havre de paix où le mot “bonheur” peut prendre un certain sens.