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File la plus longue

La question

Pouvez-vous m’expliquer par quel coup du sort je me trouve toujours dans la file d’attente la plus longue, que ce soit à la poste, au magasin, à la banque ou partout ailleurs où il faut patienter ?

Le proverbe du sage Nô-Mi

Une petite minute, dans le miroir de la hâte deviendra éternité alors que reflétée par le flegme demeurera simple instant...

 

La réponse du psy

Je crois que d’entrée je peux vous répondre que nous sommes tous “victimes” du même phénomène : on a en effet toujours cette impression désagréable de faire le “mauvais” choix et que les autres nous dépassent allègrement et ne perdent pas le même temps à ronger leur frein derrière une bande de clients qui semblent faire exprès d’évoluer au ralenti, un peu comme les astronautes qui ont marché sur la lune... En fait, il n’y a ni malchance, ni coup du sort, ni fatalité. Seulement un fonctionnement particulier de la pensée de l’être humain : à court-terme, notre mémoire garde plus facilement à disposition immédiate de la conscience les expériences qui nous ont particulièrement frappées, soit par leur caractère positif, soit par leur tournure négative. A long-terme, en revanche, nos souvenirs prennent une couleur plutôt sereine et nous retenons donc plus facilement le côté “idéalisé” des événements que nous avons vécus. En d’autres termes, si l’on faisait le calcul exact du temps que nous passons à attendre dans des files, nous obtiendrions une moyenne quasiment égale, d’un individu à l’autre (je ne parle bien évidemment de ceux qui respectent les règles du jeu et ne s’arrangent pas pour piquer la place de celui ou de celle qui les précède !). Seulement voilà : chaque fois que nous ne devons pas spécialement attendre, que notre tour vient rapidement, nous “classons” l’affaire qui disparaît dans les méandres de notre esprit. Mais lorsque nous tombons en plein “embouteillage” et que les secondes se transforment en minutes, nous rappelons à notre souvenir toutes “ces fois” où nous étions coincés de la même façon. Essayez de faire l’exercice pendant un mois : calculez combien de temps vous passez au total “à attendre” et vous verrez apparaître un diagramme en forme de zigzag, dont je parie que vous ne retiendrez que les pics ! Le seul conseil valable que je puisse vous donner est le suivant : gardez votre calme et prenez les choses du bon côté. Franchement, où avons-nous encore l’occasion de ne “rien” faire, si ce n’est à la poste, à la banque ou dans un magasin, en attendant notre tour ?