mieux-etre.ch

Crises de panique

La question

Lors d’un séjour hospitalier, on m’a administré un médicament que je n’ai pas supporté. Résultat : j’ai eu un blocage respiratoire ! Depuis, dès que je suis dans un ascenseur, un télécabine ou une salle comble je suis saisie de panique : sensation d’étouffer, vertiges, nausées, transpiration excessive, etc... Que puis-je faire pour y remédier ?

Le proverbe du sage Nô-Mi

Nulle souffrance n'est à négliger, surtout lorsqu'elle est morale et invisible...

 

La réponse du psy

Les symptômes que vous décrivez touchent en moyenne 10% de la population active en Suisse. Il s’agit de véritables crises de panique dont les causes varient d’une personne à l’autre. Dans votre situation, c’est une expérience pénible de sensation d’étouffement que vous avez vécue lors d’un séjour à l’hôpital qui marque le début de ce type de problème. Pour d’autres c’est un événement particulièrement stressant (accident, vol, perte, deuil), un malaise (indigestion, insolation, mal de voyage) ou encore un tempérament très angoissé qui s’exprime de cette façon. Pendant longtemps les médecins avaient tendance à mettre ces états de panique sur le compte d’un problème d’origine psychique et ils aiguillaient facilement les patients vers un psychiatre, mieux “outillé” pour creuser les tréfonds de l’âme. Heureusement, quelques praticiens ont cherché à savoir s’il n’y avait pas un dysfonctionnement au niveau métabolique. Et ils ont découvert que ces crises de panique étaient toujours associées à une décharge anormale d’adrénaline, cette substance qui, en cas de danger, décuple nos forces et nous donne des ailes pour fuir. Tout se passe donc comme si la situation qui déclenche la crise suscitait chez le patient une réaction de “protection”, avec tous les symptômes qui y sont associés, comme si le système d’alarme était trop sensible et mettait le corps entier en alerte sans véritable menace extérieure. Le tout était de trouver la parade et de bloquer cette “sensibilité” hypertrophiée, d’empêcher le métabolisme de réagir au quart de tour. Le remède est somme toute simple : on prescrit à très faibles doses un antidépresseur tricyclique (Tofranil, Anafranil, p. ex.) accompagné d’un léger tranquillisant à base de benzodiazépines (Tranxilium, Lexotanil, etc...), à prendre une fois par jour, le soir de préférence. Le résultat est absolument spectaculaire et immédiat. La peur de la foule ou de l’enfermement subsiste, certes, mais aucun symptôme physique n’engendre plus ce véritable calvaire que sont les crises de panique. Je vous conseille d’en parler sans tarder à votre médecin et vous verrez...