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Sale caractère

La question

Parce que je suis colérique, parce que je dis ce que je pense et parce que je ne me laisse pas marcher dessus, certains collègues disent de moi que j’ai un “sale caractère” et évitent ma compagnie, ce qui me remet en question. Je voudrais bien changer, mais c’est ma nature qui est comme ça. Que me conseillez-vous ?

 

La réponse du psy

La bonne cohabitation avec autrui repose sur trois piliers : d’abord il y a le contexte dans lequel nous évoluons et la fonction que nous y occupons. Ensuite il y a les personnalités souvent très différentes que nous côtoyons et avec lesquelles il existe plus ou moins d’affinités et de “frictions”. Enfin, il y notre capacité à “jouer sur du velours”, “à mettre de l’eau dans notre vin” et à “garder les poings dans la poche”. A différents degrés il est donc possible d’avoir une certaine influence sur notre entourage : choisir son environnement de travail et placer clairement ses “limites”, nouer des liens privilégiés avec quelques personnes et laisser de côté celles avec lesquelles nous ne sentons pas d’atomes crochus et, dans la mesure du possible, s’entraîner à faire ressortir les traits plaisants de notre caractère plutôt que ceux qui font fuir les autres. Bien sûr, il n’est pas question de jouer un rôle, de s’aliéner et de masquer ce que nous sommes au naturel. Mais la plupart des conflits naissent à l’intersection des trois piliers décrits ci-dessus : lorsque nous avons l’impression que ceux et celles qui ne nous vouent pas une grande sympathie empiètent sur notre territoire, alors nous avons de la peine à masquer notre tempérament. Je vous conseille donc de bien choisir votre entourage, de cultiver l’amitié des personnes pour lesquelles vous avez de l’estime et, surtout, d’apprendre à “calmer le jeu”, au lieu de jeter de l’huile sur le feu...

Nous avons tous, une fois ou l’autre, pu faire l’expérience de vouloir faire passer un message et de se heurter à un “mur” d’incompréhension. Toute communication présuppose d’abord un émetteur, qui, au moyen d’un “code” (dans notre cas, il s’agit du langage) envoie à un récepteur une série de signes qui, une fois reçus et correctement interprétés, vont révéler un sens, un contenu. Trois phénomènes peuvent néanmoins contribuer à court-circuiter ce message : l’interlocuteur (c’est-à-dire celui à qui nous nous adressons) ne parvient pas à en saisir la forme (les mots, les phrases), il n’en déchiffre pas le fond (sa signification), et/ou l’interprète de façon erronée. Dans ces trois cas (souvent concomitants), nous ne sommes pas compris. Comment y remédier ? Il faut d’abord prendre un soin particulier à adapter son vocabulaire, à rendre le message aisé à décoder par autrui. Ensuite, il s’agit de veiller à composer des messages simples : un concept difficile à expliquer aura ainsi avantage à être fragmenté en plusieurs parties, car plus le “contenu” est chargé, moins il est facile à interpréter dans le sens voulu par l’émetteur. Enfin, il est impératif de laisser à l’autre la possibilité de “digérer” l’information et de guetter les imprécisions qui ont pu se glisser dans ce processus. En s’assurant que notre partenaire a bien saisi tous les éléments de notre pensée (quitte à la formuler différemment), on met en échec les trois facteurs de perturbation décrits plus haut et on évite d’avoir le sentiment frustrant de “prêcher dans le désert”.