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Demander une augmentation

La question

A l’heure où les premières guirlandes apparaissent dans les vitrines et où l’on dresse mentalement la liste des cadeaux à faire aux parents, amis et connaissances, nombreuses sont les personnes qui rêvent de voir sous le sapin une enveloppe qui leur annonce une promotion et une augmentation de salaire.

Le proverbe du sage Nô-Mi

Mieux vaut une seule galette de riz bien cuite qu'un galetas de réserves en feu...

 

La réponse du psy

Malheureusement, c’est un cadeau que le Père-Noël ne transporte pas dans sa hotte et qu’il faut expressément demander... Or, bien que nous soyons des adultes habitués à nous battre dans la vie et à affronter toutes les contrariétés petites et grandes qui jalonnent notre quotidien, nous avons de la peine à faire le pas, à prendre les devants et à négocier ces quelques centaines de francs en plus par mois... Notre crainte est légitime : celui qui s’avance trop risque de connaître le sort d’un Winkelried moderne et de se retrouver, comme dans une partie de Monopoly, à la case “départ” ou sur la touche, contraint de passer plusieurs tours à ronger son frein et à s’arracher les cheveux d’avoir commis une belle bourde. Tout le problème est dans la forme : s’il n’est pas interdit de demander une augmentation, il est vivement recommandé de ne pas mettre les pieds dans le plat et d’agir dans les règles de l’art avec diplomatie et retenue.

Concrètement :

D’abord, il y a toute une réflexion préliminaire à faire : quelle est ma situation professionnelle actuelle, qu’est-ce qu’on attend de moi et dans quelle mesure suis-je capable d’y répondre, qu’est-ce qui pourrait justifier que mon patron accepte d’entrer en matière et réévalue mon salaire, etc... (voir encart) ? Il s’agit en quelque sorte de faire un bilan professionnel en tenant compte des aspects positifs et négatifs de nos “performances”. Le bon-sens nous aide énormément dans cette évaluation : par exemple, si je travaille dans une PME depuis trois mois seulement, ma demande sera sans aucun doute mal accueillie. Par contre, si je suis un employé fidèle et consciencieux qui compte dix ans d’ancienneté, alors les choses seront plus faciles. Dans cette réflexion, on tiendra justement compte de toute son “histoire” au sein de l’entreprise sans oublier de se comparer aux collègues et d’estimer le plus objectivement possible ce que l’on “vaut”.

Puis... on passe à l’attaque :

Ensuite, si l’on pense qu’une demande d’augmentation de salaire est crédible et justifiée, on peut passer à l’étape suivante qui se fait normalement par écrit (à moins que le patron soit un ami ou un parent). Dans une lettre concise, on proposera à son employeur de procéder à une évaluation du cahier des charges, en vue d’une modification éventuelle de celui-ci. Le salaire est bien entendu sous-jacent à cette demande mais cette question ne devrait pas apparaître au premier plan. On peut faire valoir l’évolution de sa carrière, l’augmentation progressive du nombre et du poids des responsabilités que l’on assume, etc... Cette démarche permet au patron de garder sa liberté de décision et de mûrir sa réponse. Pris de court par une demande orale, il risquerait de se sentir agressé car pressé de décider sur-le-champ. L’avantage de rediscuter du cahier des charges c’est de pouvoir lever d’éventuels malentendus, de corriger certains défauts et de savoir où l’on en est, sur le plan professionnel. Par ailleurs, cette entrevue ne doit pas nécessairement déboucher sur un avis positif du chef.

Celui-ci peut avoir des arguments qui montrent de façon pertinente, et sans nuance critique, que nous sommes correctement rémunérés. Enfin, quelle que soit l’issue de la discussion, on aura la courtoisie de remercier son patron d’avoir pris la peine et le temps d’analyser sa propre situation car un tel “bilan” peut servir à progresser, sans que nécessairement son compte en banque ne s’accroisse substantiellement...