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Je suis timide, mais je me soigne

La question

Quelques considérations à propos de ceux et de celles qui préféreraient passer leurs vacances chez les réducteurs de têtes cannibales que d’aller essayer et acheter un nouveau maillot de bain pour l’été...

Le proverbe du sage Nô-Mi

Si toutes les roses attendaient d’être magnifiquement belles pour éclore, personne ne les verrait fleurir...

 

La réponse du psy

La timidité peut faire sourire lorsqu’elle se prête au jeu de la parodie. Personne ne se sent très à l’aise dans ces situations où l’on doit affronter le risque d’être critiqué ou de paraître ridicule. Mais la plupart du temps nous trouvons le moyen de résoudre le problème et nous ne sommes pas entravés dans notre volonté d’aller de l’avant. Mais ce “défaut” peut prendre des proportions telles qu’il en affecte l’ensemble des échanges sociaux et constitue un vértiable handicap qui fait obstacle au déroulement normal de la vie courante. Quand, à cause d’une timidité excessive, on se retire du monde, on met progressivement le pied dans un engrenage infernal: le manque de contact social renforce l’image négative que le timide se fait de lui-même et l’incite donc à éviter autrui. Ce comportement le convainc qu’il est différent, ridicule, mal-aimé et lui confirme cette pseudo-nécessité de se cantonner dans la solitude. Décidément, c’est bien mal parti!

Un autre aspect du problème, c’est le manque de soutien que la personne très timide perçoit dans les situations difficiles. A qui se raccrocher lorsque l’on n’a pas d’amis? Résulat: l’isolement est encore plus cruel, accompagné le plus souvent de manifestations de stress et de troubles psychosomatiques. C’est que celui ou celle qui souffre de forte timidité refuse de se mesurer aux autres, avec la certitude que c’est perdu d’avance. De fait, il s’agit d’une situation paradoxale: d’un côté, il y aurait le besoin et l’envie d’entrer en contact avec les autres, de faire cette expérience infiniment gratifiante de reconnaissance et de confiance mais de l’autre il y a ce blocage puissant qui empêche de faire le premier pas, de se jeter à l’eau, de tenter sa chance. Le timide est comme obsédé par la peur de paraître ridicule, de se montrer sous un éclairage négatif. Et il met alors tant d’ardeur et d’énergie à “scruter” l’opinion de son entourage qu’il en perd les pédales et préfère se retirer où il n’y a aucun risque, là où personne ne le verra. Derrière cette attitude se cache en fait un cruel manque de confiance en soi et le sentiment d’être inférieur, donc rejeté et ignoré. Et même s’il y a des signes tangibles de sympathie et que les autres cherchent à nouer le dialogue, la timidité l’emportera en susurrant d’une voix amère que cette aide providentielle n’est qu’une échelle destinée à tomber de plus haut...

Alors, que faire? Déjà, il est bon de savoir que c’est un phénomène assez largement répandu. La première étape consiste à cerner le problème même s’il paraît très complexe: “Quelle est la cause de ma timidité, qu’est-ce qui la provoque? Y a-t-il des moments où je me sens mieux?” De nombreux facteurs déterminent la “gravité” de la timidité: entre autres, il y a le manque de confiance en soi, les craintes générées par le milieu social, les attentes trop élevées, tant de ce que l’on souhaite apporter que de ce que l’on voudrait recevoir et ce que j’appelerais une sorte de “maladresse” dans la façon d’aborder les relations avec son entourage. Les personnes qui souffrent de timidité peuvent y remédier en recourant à des techniques spécifiques qui aident à améliorer notamment la prise de contact avec autrui, la manière d’alimenter une conversation et de soutenir le dialogue, la valorisation de soi, la reconnaissance de ce que l’on est, etc... On commence l’entraînement où les barrières sont les plus faciles à lever. L’objectif est de (re)-construire un sentiment positif de sa propre personne et de chasser une fois pour toutes cette impression trompeuse que pour mériter d’être aimé il faut d’abord devenir parfait...