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Game over

La question

L’évaluation des risques que l’on prend est éminemment subjective: songeons aux funambules qui nous donnent les mains moites, aux coureurs automobiles qui nous font frissonner ou encore aux voltigeurs aériens qui nous coupent le souffle: sont-ils en danger pour autant? A leur place, bien entendu, nous irions sitôt tutoyer les anges mais leur parfaite maîtrise de la situation repousse très loin ce défi constant entre la vie et la mort.

 

La réponse du psy

- Il est donc plus juste de parler de “limite personnelle” pour estimer la témérité d’autrui: le même volant entre les mains d’un Schumacher ou d’un jeune conducteur prendra ainsi les allures soit d’une belle démonstration de virtuosité contrôlée soit d’une tragique manifestation d’inconscience totale.
- De ce fait, ceux qui ont le “goût du risque” aiment transcender leurs limites personnelles en cherchant constamment à atteindre cette frontière symbolique où se côtoient d’un côté un système parfaitement organisé, d’une rare complexité et de l’autre ce que l’on appelle le chaos. La jouissance, c’est de rester en équilibre entre les deux, sans jamais basculer du mauvais côté. C’est comme si l’on titillait un monstre terriblement féroce et dangereux en s’approchant de ses griffes et de ses crocs, pas-à-pas, sans jamais franchir le point du non-retour, de l’interdit.
- Ce n’est donc plus seulement un test pour se mesurer à ses forces, son talent ou sa concentration, c’est également un challenge posé aux obscures forces qui régissent le hasard car s’il est évident qu’un haut degré de “technique” est indispensable pour affronter ainsi l’extrême, la chance est nécessairement aussi de la partie.
- Inutile d’épiloguer longuement sur le caractère “joueur” des forcenés du péril qui vont au bout de chemins très divers, partout où l’enjeu est suffisamment casse-cou pour conduire rapidement au seuil de l’impossible. Sport, finance, jeu, politique... la liste est longue de tous ces domaines où l’on peut ainsi braver les lois de la nature et des hommes. Et si la jeunesse est particulièrement friande de dépassements physiques, le goût du risque ne s’éteint pas avec les années: il évolue mais, tel un besoin jamais assouvi, revient sans cesse jusqu’au jour où tout s’arrête... GAME OVER.