mieux-etre.ch

Prénom pour la vie

La question

En déclinant son identité, sans avoir rien dit de sa personne, on a déjà révélé non pas ce qu’on est mais ce que l’autre imagine que nous pourrions être. C’est que ces quelques syllabes qui forment un prénom renvoient chez chacun les images d’une vaste galerie de portraits, accrochés aux murs du gigantesque dédale que forme la mémoire.

 

La réponse du psy

Qu’elles fassent partie de nos références communes ou de notre “carnet de route” privé, les personnes qui ont croisé d’une manière ou d’une autre notre chemin restent associées au nom qu’elles portent et c’est là une source d’information qui influencera notre première impression: il suffit que l’on vous présente quelqu’un qui porte un prénom honni, pour une raison ou une autre, le coefficient initial de sympathie que vous lui accorderez, sans rien en connaître, se réduira instantanément à l’instar d’une tache de lumière rattrapée par une ombre galopante...
- Des études sur les choix du prénom d’un enfant à naître montrent exactement la même chose: quelle que soit la décision du couple, soit on se situe dans le territoire des “coups de coeur”, plus ou moins clairement définis par la mode médiatique, la tradition historique ou familiale, soit on se trouve dans une zone neutre, sans référence particulière, ni pour la maman, ni pour le papa. Ainsi, on ne trouvera jamais un jeune père s’exclamant à propos de sa fille: “Dommage, elle s’appelle comme mon ancienne patronne qui était détestable” ou une mère en adoration devant son jeune nourrisson susurrant un commentaire du style: “Nous lui avons donné le nom de celui qui fut l’homme de ma vie...”
- Il existe une multitude de livres qui proposent des listes de prénoms et y associent quelques grandes caractéristiques laissant entrevoir quelle pourrait être le futur caractère de celui ou de celle qui les portera. Si les adjectifs positifs fourmillent et offrent un catalogue exhaustif de synonymes en matière de superlatifs, vous ne trouverez jamais d’avertissement du style: “Ce nom sied à un individu qui aura une tête de lard, une tronche de taureau et un vrai tempérament de perdant...” Mention inutile, puisqu’en définitive c’est toujours l’expérience réelle des parents qui viendra ajouter ce type d’appréciation pimentée...