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Apprendre la vie...

La question

Des milliers d’élèves vont retrouver le chemin de l’école et non seulement se frotter à l’apprentissage de nouvelles matières mais également faire de nombreuses expériences qui les prépareront à affronter la vie...

Le proverbe du sage Nô-Mi

La vie est un jeu dont on construit les règles chaque jour pour en faire une destinée...

 

La réponse du psy

C’était le bon temps: lever vers 9 heures, loisirs à gogo durant toute la journée et longues soirées sans soucis ni devoirs. Mais on s’était à peine habitué à cette douce quiétude, agrémentée de soleil et de chaleur, que le réveil sonnait, impitoyable et catégorique: debout, c’est la rentrée! Bien sûr il n’y a pas que de mauvais côtés: on retrouve les copains et les copines, on découvre de nouveaux profs et puis si la plage c’est drôlement agréable, on finit tout de même par trouver lassant de compter les coquillages! Mais l’école c’est toute une série de contraintes inévitables, dont la cohabitation avec les autres, le contact parfois difficile avec certains enseignants, l’obligation de suivre des branches que l’on n’aime pas forcément, les échéances des examens et l’évaluation constante de ses performances... Et il en faut, parfois, de la bonne volonté, pour accepter de se plonger encore et encore dans des équations désespérément inconnues, des bouquins épais comme un Big Mac mais impossibles à avaler, et des langues mortes que l’on a malheureusement oublié d’enterrer. Un vrai chemin de croix, émaillé bien sûr de bons moments, et véritable répétition générale de ce que réservera plus tard la vie d’adulte. Car après l’école, il n’y a certes plus de bancs ni de classe mais grosso modo des difficultés identiques, encore et toujours: les horaires, le rendement, le regard des collègues, l’évaluation du patron et cette source intarissable de petites contrariétés qui nous poussent tous, parfois, à rêver d’une île déserte au milieu de nulle part... En fait, le monde scolaire n’est rien d’autre qu’un vaste champ d’essai où l’on apprend non seulement à gérer (et à digérer) de nombreuses nouvelles connaissances, à modeler ses capacités de raisonnement, de mémorisation, d’attention et de concentration, mais aussi à assumer certaines responsabilités, à respecter différents codes, à entraîner des facultés sociales et humaines et, surtout, à accepter d’aller au bout des choses, en maîtrisant ses émotions face aux difficultés, à surmonter les obstacles quitte à s’y prendre à plusieurs reprises en considérant qu’un essai non transformé n’est qu’une tentative et non un échec. C’est difficile, surtout au lendemain des vacances mais c’est le prix à payer pour s’insérer, plus tard, dans une société qui fait peu de concessions et exige, pour réussir, un caractère bien trempé et ancré dans de solides fondations que l’on a patiemment édifiées sur les chaises de son école, les yeux tantôt rivés sur un tableau noir, sur une feuille blanche ou sur quelque livre poussiéreux...