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Attention, contagion!

La question

Au départ, l’on se sent toujours de taille à affronter l’impossible: notre équilibre psychique, notre courage étayé de pensées positives et notre attitude de “Saint-Bernard” nous donnent l’impression d’avoir des ailes et que la personne en face de soi qui broie du noir et patine dans la mélancolie va sortir de ce bourbier négatif grâce à notre force de persuasion.

 

La réponse du psy

C’est exactement ce qui se passe lorsqu’un secouriste en herbe se jette à l’eau pour sauver quelqu’un de la noyade: a priori, rien ne devrait empêcher un bon nageur de tirer autrui d’une mauvaise brasse. Malheureusement, la réalité est moins souriante et autant les gestes brusques et désespérés de celui ou de celle qui s’enfonce dans les flots lugubres entraîneront le malheureux téméraire vers le fond, autant les humeurs sombres du dépressif couleront l’âme du bon samaritain et la précipiteront à son tour dans les affres des douleurs morales. Car la signification que l’on donne à toute chose est très relative et, à moins que l’on sache garder une distance affective suffisante, la tristesse ambiante et le désespoir chronique rongeront la plus solide des volontés à “tenir bon”, à ne pas se laisser gagner, à son tour, par le doute existentiel qui minera la plus belle des vies. A force de vouloir montrer que la médaille a deux côtés et que le bon est souvent plus brillant que le mauvais, on en viendra à découvrir combien le jeu du pile ou face est hasardeux, confronté aux aléas d’un destin que personne ne maîtrise. C’est la transmission de la dépression, phénomène courant lorsque les émotions se mêlent - et s’emmêlent - au bon sens... On connaît tous les tornades de rire contagieuses, ou les tempêtes de pleurs communicatives. C’est la même chose, mais en profondeur, comme si notre esprit réalisait soudain qu’entre le sourire et les larmes il n’y a qu’une simple différence de symptôme!