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Proches d'anorexiques

La question

Lorsque l’on aborde le thème de l’anorexie mentale, l’on est frappé par le contraste entre une conduite de restriction alimentaire sévère, persistante et dangereuse et l’absence, en surface, de véritables troubles psychiatriques.

 

La réponse du psy

Cette constatation explique en partie que l’intervention de spécialistes et de thérapeutes, impérative et nécessaire, est souvent tardive et peut faire l’objet d’hésitations, tant de la part de la personne malade que de sa famille, la reconnaissance du caractère pathologique de l’affection constituant un pas difficile à franchir. Par ailleurs, les premières manifestations de l’anorexie mentale s’inscrivent généralement dans un cadre relativement “banal”: l’envie de faire un régime pour coller à la mode, un malaise caractéristique de l’adolescence, etc... Et puis la “maladie” qu’elle quelle soit, est toujours associée aux images de plainte, de douleur, d’abattement physique et psychique. Or, l’anorexique, du moins au début, déborde d’énergie et mène une vie “normale”. La sonnette d’alarme sera tirée ultérieurement, lorsque le mal sera déjà solidement installé et cela n’en simplifiera bien entendu pas le traitement. Sa lutte impitoyable et incessante contre la faim donne à l’anorexique un sentiment de puissance, à la fois sur elle-même et sur son entourage qui se sentira coupable de ne pouvoir résoudre un problème apparemment futile. C’est donc à la fois un défi personnel et relationnel: il y a d’une part ce fantasme d’un corps capable de fonctionner sans apport extérieur, désincarné et parfaitement maîtrisé et d’autre part le pouvoir exercé sur les autres dont certaines réactions de panique ou d’agressivité renforcent le sentiment de domination. L’anorexie mentale est une maladie grave et, comme telle, il est illusoire d’espérer la soigner simplement “par le coeur, la raison et la volonté”. Une prise en charge psychiatrique est la seule issue possible et plus celle-ci est rapide, meilleur sera le pronostic d’une évolution favorable vers la guérison.