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Accumulateur d'argent

La question

Mon copain a un problème que je n’arrive pas à comprendre : il a un besoin quasiment maladif d’accumuler les choses, de constituer des collections. Il ne jette pratiquement rien et trouve presque chaque semaine un nouveau truc à collectionner. Qu’en pensez-vous ?

Le proverbe du sage Nô-Mi

Mieux vaut tolérer un petit défaut pour un grand bonheur qu’exiger une grande qualité pour un petit malheur...

 

La réponse du psy

Depuis l’aube de l’humanité on trouve des traces de “collectionneurs” et il semble que ce soit là l’une des nombreuses activités caractéristiques de l’être humain. Tout le monde éprouve la nécessité de s’entourer de choses familières, rassurantes. Même dans le dénuement le plus total, le sentiment de “propriété” demeure intact car c’est en partie ce qui permet à l’homme de marquer son territoire. Chez les enfants, on observe très tôt ce besoin de “posséder” et souvent ce n’est qu’au prix de cris et de larmes qu’ils se séparent temporairement d’un jouet qu’ils doivent prêter à leurs compères de jeu. Les collections occupent une place prépondérante dans les loisirs : timbres, cartes postales, livres, bandes dessinées, disques, revues, photos, antiquités, vieilles voitures, armes, journaux, coquillages, conquêtes amoureuses... les exemples sont innombrables et montrent qu’à divers degrés, nous sommes tous peu ou prou des “collectionneurs”. Fondamentalement, le fait d’accumuler toutes sortes d’objets constitue une source de plaisir et d’équilibre. A cela s’ajoute évidemment la fierté d’exhiber ses trophées et c’est toujours étonnant de voir à quel point certaines personnes parviennent à force de patience, de recherches et d’endurance à mettre la main sur la rareté qui couronnera leur assortiment... jusqu’à la suivante. Mais bien entendu tout est question d’intensité : l’idéal est de se situer à mi-chemin entre les extrêmes. D’un côté, il y a celles et ceux qui font une sorte d’anti-collection en se débarrassant systématiquement de tout objet qui n’a pas d’utilité directe dans la vie quotidienne, de l’autre, celles et ceux qui, à l’instar de votre copain font “feu de tout bois” et gardent précieusement tout ce qui leur passe entre leurs mains. Les origines de tels comportements sont multiples et complexes mais il n’y a pas de raisons de s’inquiéter outre mesure tant que le collectionneur n’est pas “handicapé” personnellement et quotidiennement par son activité de fourmi. Vivre avec une personne qui a tendance à tout stocker n’est pas forcément facile, sur le plan des compromis et de la place, mais je ne parlerais ni d’obsession, ni de maladie, ni de mauvaise habitude, tant que celui - ou celle - qui “accumule” y trouve du plaisir et n’y voit pas une contrainte dictée par des peurs irrationnelles ou des causes qui laisseraient apparaître une souffrance morale et psychique et l’impossibilité de relativiser cette manie par le truchement de l’humour ou d’un arrangement mutuel entre partenaires. Je vous conseille donc de ne pas vous faire du souci pour autant que ce tic ne vous empêche pas de “cohabiter” plus ou moins normalement. Le cas échéant, vous pourriez demander à votre ami de freiner sa passion en prenant en considération votre point de vue...