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Formation à l'étranger

La question

C’est en sortant d’une séance au cinéma, au théâtre ou au cirque que vous avez eu une idée lumineuse, un véritable “flash” révélateur: partir à l’étranger, suivre une école spécialisée dans l’art de la mise en scène, des effets spéciaux ou du rire clownesque et faire une carrière qui n’aurait été que très difficilement envisageable en Suisse.

 

La réponse du psy

Nous le disions déjà à propos du métier de comédien, de nombreuses vocations ne voient que le côté brillant et attirant de la médaille, oubliant son revers peu glorieux, à savoir que derrière ceux et celles qui ont la chance d’être sous le feu des projecteurs et de l’actualité il y a toujours une foule compacte, privée de privilèges, condamnée à vivoter dans l’ombre. Mais votre projet est différent: vous vous rendez compte des difficultés et des sacrifices que vous imposera le parcours du combattant sur les sentiers de la gloire et vous avez déjà éliminé le côté “anecdotique” de la profession (de l’argent à volonté et une vie de strass et de paillettes) pour vous concentrer sur l’objectif principal: acquérir une véritable formation. Reste donc à choisir où aller, comment financer ces études et trouver un moyen de s’inscrire dans une école digne de ce nom. On ne saurait évidemment trop conseiller les filières “officielles” et reconnues, comme les conservatoires nationaux, les écoles internationales ou les académies de beaux-arts en tous genres, dont la réputation est faite d’argent massif et non de contre-plaqué brillant. En général il y a un examen d’entrée assez gratiné et seule une poignée de personnes “étrangères” y seront admises. Mais le jeu en vaut la chandelle: rien de tel, en effet, qu’une base prestigieuse et fameuse pour démarrer dans le monde des artistes et des saltimbanques. A l’inverse, fuyez comme la peste les innombrables “officines” aux noms ronflants qui vendent du rêve à prix d’or mais n’offrent que des illusions perdues. Avant de vous inscrire, où que ce soit, prenez la peine de vous rendre sur place pour tâter le terrain: n’oubliez pas que vous devrez, à côté des cours, assurer votre subsistance, trouver un logement et réorganiser temporairement toute votre vie. Souvent d’ailleurs, plus que la formation elle-même, c’est là que la bât blesse: votre budget est trop étriqué, vous avez du mal à vous intégrer, vos projets de petits boulots s’effritent face à une concurrence acharnée et le mal du pays vous gagne. Belle épreuve en perspective qui testera la résistance de votre vocation: si elle est solide, alors vous tiendrez le coup! Et puis veillez à assurer vos “arrières”: ne tentez le grand saut que si vous avez déjà en main un diplôme ou un certificat, qui, en cas d’échec, vous permettra de retomber sûrement et rapidement sur vos pieds sans devoir repartir à zéro. Abandonner son apprentissage ou le gymnase pour entreprendre une course au chimères est un exercice particulièrement périlleux car en cas de casse, vous retournez à la case départ...