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Bonnes résolutions

La question

Chaque année, je prends de nombreuses bonnes résolutions (arrêter de fumer, dépenser moins, etc...) mais lorsque je fais le bilan c’est toujours la même débandade : je ne tiens pas mes promesses. Quels conseils pourriez-vous me donner ?

Le proverbe du sage Nô-Mi

A quoi te sert de couper les mauvaises herbes de ton jardin avant même d’en avoir labouré la terre ?

 

La réponse du psy

La nouvelle année est effectivement propice aux changements et c’est presque devenu un rituel obligé de prendre de bonnes résolutions qui deviennent effectives au douzième coup de minuit, le 31 décembre... Si l’on additionnait le nombre de celles-ci, nous serions d’un seul coup entourés de gens parfaits, sans aucun défaut... Mais entre le voeu et la réalité, il y a un pas pour l’homme et un bond pour sa volonté! Nous sommes tous pareils: pendant l’ivresse des fêtes et l’accalmie de cette période où l’on passe allègrement de la grasse matinée au foie gras, tout paraît possible et facile. Que ce soit le dernier cigare ou la première bonne action on tourne la page et l’année se termine sous les flonflons et les cotillons. Et puis, sans crier gare, le quotidien et son inséparable copine, le routine, nous rattrapent et nous rappellent que s’amuser c’est bien mais que ça ne met pas de beurre dans les épinards. Et, la mine grise à force de s’être grisés, nous devons dire adieu à ces quelques jours fastueux passés alternativement au chaud sous le duvet et au calme autour d’un feu de cheminée, et revenir à la dure réalité qui prend plaisir à faire sonner le réveil bien avant l’aube et nous libère du travail bien après le crépuscule. Dans ce contexte, à moins d’être particulièrement motivé, inutile d’en rajouter avec ces bonnes résolutions: nous les avons prises dans un état second, sur une autre planète... Personnellement, je ne pense pas que ce soit très important de les tenir, à moins qu’elles ne fassent partie d’une série de décisions mûrement réfléchies, avec, à la clef, des objectifs bien précis à atteindre. Mais, dans ce cas, pourquoi attendre précisément Nouvel-An pour les mettre en pratique? Les habitudes, ce n’est pas comme un agenda: inutile d’arriver à la dernière page pour changer. Vous partez certes d’une bonne idée, celle de faire “table rase” et de mettre au placard ces quelques défauts qui empoisonnent votre vie, voire celle des autres. Et dans l’allégresse générale, quoi de plus gratifiant que de promettre le meilleur et de mettre au rancard de pire... N’y accordez cependant pas trop d’importance et réservez les vrais “chamboulements” pour la suite, lorsque vous aurez retrouvé votre vitesse de croisière habituelle. La seule vraie résolution que l’on puisse s’engager à prendre et à tenir, c’est, à mon avis, celle qui consiste à accepter de faire mieux et de se remettre en question face aux besoins de la vie quotidienne. On raconte que le grand homme politique Winston Churchill jurait à qui voulait l’entendre que le 31 décembre, à minuit pile, il cesserait définitivement de fumer et s’adonnerait au sport. A minuit une, il allumait déjà un nouveau cigare et marmonnait : “Qu’ai-je à faire de ces vieilles décisions de l’année dernière ? Elles sont passées et je regarde toujours vers l’avenir...” Comme lui, essayez plutôt de corriger le présent au fur et à mesure et ne vous accrochez pas à des promesses qui, de toutes façons, sont dépassées à peine prononcées.