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Avide d'argent?

La question

Mon compagnon souffre d’un défaut particulièrement désagréable: il pense tout le temps à l’argent et sa principale préoccupation dans la vie c’est son compte en banque. Comment l’aider à se débarrasser de cette mauvaise habitude ?

Le proverbe du sage Nô-Mi

Si ton mari accumule le riz dans son grenier, c’est que tu ne lui en sers pas assez dans sa gamelle...

 

La réponse du psy

Je pense que toutes nos “manies” ne sont en fait que la partie émergée de problèmes sous-jacents qui empoisonnent notre vie. Votre ami semble s’accrocher à l’argent comme d’autres agrippent un bastingage, une rampe d’escalier ou une bouée de sauvetage. Effectivement, l’argent représente le tangible, le concret, ce qui nous appartient. Pour une personne que la vie angoisse par son caractère imprévisible et incontrôlable, ce qui est “matériel” peut devenir synonyme de stabilité et de contrôle. Votre compagnon, pour différentes raisons, a cru comprendre que la seule façon de contrôler sa destinée c’est de se prémunir contre le “besoin” qui a pris la forme d’une chasse à l’argent. Vous auriez tort, à mon avis, de prendre cela pour de la mauvaise volonté ou pour une simple habitude détestable que l’on peut rayer d’un simple coup de sa palette de comportements. Au contraire, c’est en interprétant correctement le “message” que cache cette attitude que vous serrez en mesure de l’aider et de trouver la bonne parade. Les gens qui s’accrochent ainsi à leur “bien”, ont souvent besoin de réconfort, de sollicitude, d’attention. Laissés de côté, critiqués, poussés bout, ils n’ont pas d’autre alternative que de trouver dans leur vie un élément qui leur permette de garder un certain équilibre : certains prendront la fuite dans des paradis artificiels, d’autres se noieront dans le travail et enfin il y aura ceux qui chercheront par tous les moyens à contrôler quelque chose qui leur paraît vital. Je vous conseille donc de lutter contre ce que vous considérez comme un défaut majeur en aiguisant une qualité essentielle, celle qui consiste à apporter à autrui un sentiment de sécurité et de paix. C’est sans doute là la seule panacée qui soit en mesure de guérir “l’avidité” de votre ami.