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Du vide dans les bagages

La question

Pourquoi, chaque année, en dépit de listes soigneusement établies et de temps interminable consacré à faire minutieusement les bagages, ai-je toujours le malheur d’oublier LE machin indispensable?

Le proverbe du sage Nô-Mi

Avant de compter le nombre de cailloux qui obstruent ton chemin, comptabilise tous ceux que tu as réussi à éviter...

 

La réponse du psy

Votre question reflète probablement un problème quasiment universel chez tous les vacanciers : on a beau penser à tout, on oublie forcément quelque chose! La solution? Elle existe mais elle est soit trop onéreuse soit pas assez : vous vous arrangez pour mettre toute votre maison sur quatre roues et emportez TOUT, ou vous renoncez simplement à partir. Mais pourquoi n’avons-nous pas les moyens de penser à tout? L’explication tient en un seul mot : “l’imprévu”. Lorsque l’on se prépare à partir, on envisage tous les cas de figure possibles et imaginables. Mais toute notre finesse d’analyse, même assistée des plus puissants ordinateurs ne saurait contrer l’imprévisible. Le hasard est capricieux et les concours de circonstances tellement complexes que rien ne saurait freiner l’arrivée d’événements qui, sur le moment nous paraissent évidents, mais que nous étions totalement incapables de prévoir. Notre quotidien est fait d’une multitude de détails qui, côte à côte, conduisent parfois aux pires tracasseries. En temps normal, nous nous en accommodons, d’abord parce que nous sommes submergés par le travail et immergés dans la routine, et ensuite parce que nous avons les moyens d’y remédier peu à peu. Pendant les vacances, ce n’est pas pareil: les jours son comptés et il n’est pas question de dilapider de précieuses heures à corriger un défaut ou un manque. Et puis nous sommes dans une infrastructure que nous ne connaissons en général pas “à fond” et, de ce fait, nous gaspillons davantage d’énergie. La moindre contrainte peut ainsi devenir démesurée et on a envie de se taper la tête contre les murs en criant notre désespoir de n’avoir pas su maîtriser l’imprévisible devenu, soudain, parfaitement prévisible. Rassurons-nous: dans tous les domaines, chaque jour, l’imprévisible coûte des fortunes, ruine des plans, masque des opportunités, détruit des possibilités... Si nos vacances sont marquées par quelques “pannes”, inutile donc de crier à l’injustice, à la fatalité, voire à la malédiction. Les choses n’ont d’importance que par rapport à celle qu’on leur donne et rien (si ce n’est quelque chose d’exceptionnellement grave) ne devrait ternir nos précieux jours de repos. Prenons les petits pépins qui nous accompagnent en voyage avec philosophie et, au lieu de chercher à tout prix à tout prévoir (même l’imprévisible), retenons le proverbe du Sage Nô-Mi: